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Nouvelles de la Station spatiale internationale

Nouvelles recherches canadiennes sur la santé des astronautes dans l'espace

David Saint-Jacques et le biomoniteur

Source : Agence spatiale canadienne/NASA.

En cette 20e année de la Station spatiale internationale habitée en permanence, des chercheurs de la communauté spatiale canadienne poursuivent la mission d'améliorer la vie des humains, dans l'espace et sur Terre, avec de nouvelles recherches à bord du laboratoire orbital.

Le biomoniteur est une technologie prêt-à-porter canadienne qui consiste en un maillot intelligent, un bandeau et une application mobile spécialisée pour tablette. Il a été conçu pour mesurer et enregistrer les signes vitaux des astronautes pendant leurs activités quotidiennes dans l'espace en vue d'aider à surveiller leur état de santé. Cette technologie se trouve déjà à bord de la Station.

L'Agence spatiale canadienne finance deux nouvelles études canadiennes ayant pour but d'atténuer les risques que pose l'espace sur la santé des futurs astronautes et de contribuer au bien-être des populations sur Terre.

Chercheur/chercheuse, établissement Sujet de l'étude

Pr Andrew Blaber, Université Simon Fraser

L'équipe observera les astronautes pendant qu'ils font de l'exercice avant, pendant et après le vol spatial. À l'aide des mesures prises avec le biomoniteur, les chercheurs examineront l'effet des systèmes cardiovasculaire et respiratoire sur la régulation de la pression artérielle. Au fil du temps, ils pourront relever les changements causés par l'apesanteur, ce qui pourrait aider à savoir comment veiller à ce que les astronautes demeurent en santé.

Pre Carolyn P. McGregor, Université Ontario Tech

L'équipe acquerra de nouvelles connaissances sur les risques que le milieu spatial présente pour la santé. Les chercheurs se pencheront sur la façon dont le biomoniteur peut servir à collecter et à transmettre des données en temps réel. Ils testeront aussi des extensions de la plateforme logicielle Artemis afin de démontrer le potentiel de celle-ci pour la surveillance médicale autonome.

Ces études s'ajoutent aux expériences scientifiques canadiennes déjà en cours à la Station. Elles ont été sélectionnées parmi les propositions présentées à l'Agence en . Comme dans le cas d'autres travaux de recherche financés par l'Agence, ces études approfondiront les connaissances sur les risques posés par les missions spatiales habitées tout en étant utiles dans le domaine de la santé sur Terre.

Du matériel scientifique canadien acheminé à la Station spatiale internationale à bord du vaisseau-cargo Dragon de SpaceX

Matériel scientifique canadien acheminé à la SSI

Source : NASA.

Le , le vaisseau-cargo Dragon de SpaceX sera lancé dans une fusée Falcon 9 depuis le centre spatial Kennedy de la NASA, en Floride, à destination de la Station spatiale internationale, où il s'amarrera de manière autonome deux jours plus tard.

Le vaisseau sans équipage aura dans sa soute du matériel scientifique canadien, notamment :

  • trois maillots et bandeaux intelligents du biomoniteur;
  • des éléments des trousses d'analyse de la glycémie.

Le matériel sera utilisé dans le cadre de l'étude canadienne en cours Vascular Aging, qui se penche sur les risques pour la santé auxquels sont exposés les astronautes, comme le rayonnement et la résistance à l'insuline, un facteur de risque du diabète de type 2.

La soute non pressurisée de Dragon contiendra aussi une paire de panneaux solaires souples qui seront déroulés sur certains des panneaux existants pour assurer une meilleure alimentation électrique de la Station. Les astronautes sortiront dans l'espace dans le courant de pour installer ces nouveaux panneaux que le Canadarm2 aura transbordés.

Le véhicule spatial Dragon reviendra sur Terre environ un mois plus tard avec des échantillons de l'étude canadienne Vascular Aging ainsi qu'avec les derniers échantillons de l'étude Vascular Echo, dont la collecte de données en orbite s'est achevée en .

Le lancement du véhicule spatial Dragon sera retransmis en direct sur NASA TV (en anglais seulement) le à compter de 12 h 30 (HE). Le rendez-vous et l'amarrage seront retransmis en direct le à compter de 3 h 30 (HE), amarrage prévu à 5 h (HE).

Chanceux dans sa malchance : le Canadarm2 heurté par un débris orbital, mais tout à fait fonctionnel

Canadarm2 heurté par un débris orbital

Source : NASA/Agence spatiale canadienne.

L'espace peut être un environnement hostile et impitoyable pour les robots et les humains qui s'y trouvent. Les dangers sont nombreux, comme les variations de température extrêmes, le rayonnement et les débris orbitaux.

Plus de 23 000 objets d'au moins la taille d'une balle de softball sont surveillés en permanence pour détecter toute collision possible avec des satellites et la Station spatiale internationale. Il y a aussi un certain nombre d'objets minuscules trop petits pour qu'on puisse les surveiller, qu'il s'agisse de particules de roche ou de poussière ou encore de peinture écaillée de satellites.

Le risque de collisions n'est pas pris à la légère. La NASA dispose depuis longtemps d'une série de directives visant à assurer la sécurité de l'équipage de la Station. La sécurité des astronautes à bord du laboratoire orbital reste la priorité absolue de tous les partenaires de la Station.

Les plus grandes précautions sont prises pour réduire ce risque de collisions avec la Station, mais des impacts avec de petits objets se produisent régulièrement. Une inspection de routine du Canadarm2 effectuée le dernier a révélé que l'un de ses segments avait été touché par un tel objet. Des experts de l'Agence spatiale canadienne (ASC) et de la NASA ont travaillé ensemble pour prendre des images détaillées de la zone et évaluer la situation.

Heureusement, selon les résultats préliminaires de l'analyse en cours, le fonctionnement du bras n'est pas compromis. Les dommages sont limités à une petite section d'un des segments du bras et de sa couverture thermique. Un trou d'environ 5 mm de diamètre est visible.

Les opérations prévues avec le Canadarm2 se poursuivront, notamment pour déplacer Dextre en vue du remplacement le d'un commutateur d'alimentation défectueux.

La NASA et l'ASC continueront de collecter des données pour mener à bien l'analyse. Les opérations robotisées à court terme se poursuivront comme prévu.

Le Canadarm2 et Dextre : une plus grande autonomie

Le Canadarm2 et Dextre : une plus grande autonomie

Source : NASA.

Le célèbre bras robotisé canadien à la Station spatiale internationale, dont c'était récemment le 20e anniversaire, gagne encore en autonomie.

Le Canadarm2 a été conçu à l'origine pour être commandé par des astronautes dans l'espace. On l'a adapté dans les premières années pour pouvoir le commander depuis le sol. De nos jours, une équipe conjointe de contrôleurs de vol en robotique de l'Agence spatiale canadienne et de la NASA planifie avec soin et exécute la plupart des manœuvres des robots spatiaux canadiens depuis Houston et Saint-Hubert, au Québec.

La semaine dernière, Dextre et le Canadarm2 ont servi à tester une nouvelle capacité rendue possible par une nouvelle version du logiciel MAC du système d'entretien mobile.

Dextre a utilisé les caméras de son effecteur de verrouillage pour prendre des photos des bornes électromécaniques – les points d'ancrage des robots – sur la Station. L'alignement de Dextre et des bornes à différentes distances s'est fait de manière autonome. Ces manœuvres semblent simples, mais il faut habituellement l'intervention de contrôleurs au sol pour les effectuer.

Le lendemain, le Canadarm2 a répété le même type de tests en utilisant les images captées par ses caméras pour analyser et rapprocher son effecteur de verrouillage (sa main) d'une borne électromécanique. Le bras robotisé de 17 m a réussi à détecter sa cible, à calculer les mouvements nécessaires et à les exécuter.

Cette récente série d'activités a été un succès grâce aux ingénieurs de l'ASC et de MDA. Ils ont augmenté les capacités du logiciel MAC pour que les robots puissent « regarder et se déplacer ». Lors de la phase précédente, le Canadarm2 et Dextre avaient effectué leurs toutes premières manœuvres autonomes à l'extérieur du laboratoire orbital. Les derniers tests de visionique ont fourni des données importantes aux ingénieurs : ils pourront peaufiner le système et rendre possibles de plus en plus de manœuvres robotisées autonomes à la Station.

Accroitre l'autonomie des robots spatiaux canadiens de la Station permet de préparer le terrain pour le Canadarm3, la contribution du Canada à la station spatiale lunaire Gateway. Ce système robotisé de nouvelle génération, qui profitera des avancées en intelligence artificielle, accomplira en toute autonomie de nombreuses tâches autour de la Lune.

Nouvelle étude pour mieux comprendre les impacts de l'inactivité sur Terre et les changements subis par le corps des astronautes dans l'espace

Vidéo YouTube - Comprendre les effets de l'inactivité sur la santé

Vidéo YouTube - Comprendre les effets de l'inactivité sur la santé. (Source : Instituts de recherche en santé du Canada.)

L'espace est éprouvant pour le corps. En fait, la microgravité a un tel impact sur le corps humain qu'il est possible d'établir un parallèle entre les astronautes dans l'espace et les personnes qui mènent un style de vie sédentaire sur Terre. C'est pourquoi l'Agence spatiale canadienne (ASC) collabore avec les Instituts de recherche en santé du Canada et le Réseau canadien des soins aux personnes fragilisées à une nouvelle étude sur les conséquences de l'inactivité sur la santé.

L'étude portera sur des mesures préventives qui pourraient aider à diminuer les risques que présentent les missions spatiales pour la santé des astronautes et à prévenir les problèmes de santé liés à l'âge sur Terre. Les participants, de 55 à 65 ans, seront alités pendant 14 jours à un angle de six degrés, la tête vers le bas. La moitié d'entre eux feront chaque jour 60 minutes d'entrainement par intervalles à haute intensité (HIIT), avec des exercices aérobiques et contre résistance à faible intensité. L'autre moitié recevra des traitements quotidiens de physiothérapie. En comparant les deux groupes, les chercheurs comprendront mieux comment le HIIT pourrait atténuer les effets négatifs de l'inactivité pour les ainés et de l'espace pour les astronautes, et comment il pourrait mener plus vite à une mobilité fonctionnelle. La collecte des données débutera au à l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, à Montréal, avec huit équipes de chercheurs.

Cette étude est des plus pertinentes puisqu'on se prépare à envoyer des astronautes sur la Lune et sur Mars, où ils seront grandement exposés aux effets néfastes de l'espace. Les données sur le corps humain obtenues dans l'espace pendant six mois prennent des années à recueillir sur Terre. Les résultats de ce genre d'étude dans l'espace servent aussi à améliorer notre qualité de vie sur Terre. En étudiant comment les astronautes s'adaptent à la microgravité, les scientifiques peuvent faire progresser les connaissances sur le vieillissement, les problèmes cardiovasculaires, l'ostéoporose et même sur les effets psychologiques de l'isolement.

Une étude réalisée en partenariat

L'ASC est chargée de passer les contrats liés aux activités dans le laboratoire de recherche, notamment pour le recrutement et la supervision médicale des participants ainsi que pour la prise des mesures standards dans ce type d'étude. Les huit équipes scientifiques sont financées par les Instituts de recherche en santé du Canada et le Réseau canadien des soins aux personnes fragilisées. Elles effectueront une analyse approfondie des effets de la contre-mesure.

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