Les résultats de l'étude Vascular confirment que mener une vie sédentaire augmente le risque de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2

De plus en plus de recherches montrent qu'adopter un mode de vie sédentaire, c'est-à-dire être inactif sur de longues périodes, peut être nuisible à la santé. Des chercheurs ont déterminé qu'une vie sédentaire accélère le vieillissement, mais augmente aussi le risque de développer des maladies graves, dont les maladies cardiaques, le cancer, l'hypertension et le diabète. Ces résultats correspondent, en partie, avec ceux de l'étude canadienne Vascular dirigée par le Dr Richard Hughson de l'Institut Schlegel de recherche sur le vieillissement de l'Université de Waterloo et financée par l'Agence spatiale canadienne (ASC). L'étude a été menée entre et sur des astronautes à bord de la Station spatiale internationale (SSI).

Résultats de l'étude Vascular

  • Il semble qu'un vol spatial de six mois à bord de la SSI accroit la rigidité artérielle de 17 % à 30 %, ce qui équivaut à vieillir de 10 à 20 ans sur Terre. On ne sait pas encore si ce phénomène se résorbe lorsque les astronautes reviennent sur Terre – une nouvelle étude canadienne en cours, Vascular Echo, porte sur la question. On sait toutefois que le durcissement des artères est un facteur de risque des maladies cardiovasculaires. Dans l'étude Vascular, tant les femmes que les hommes ont été touchés.
  • Les vols spatiaux ont engendré une résistance à l'insuline, un facteur de risque du diabète de type 2. Dans l'étude Vascular, tant les femmes que les hommes ont été touchés, mais ces derniers l'ont été un peu plus.
  • L'étude a aussi permis de relever des changements dans les marqueurs sanguins (substances dans un échantillon sanguin qui révèlent la présence possible d'une maladie) des astronautes, femmes et hommes, qui pourraient jouer un rôle dans la santé cardiovasculaire pendant l'exploration spatiale.

À ce point-ci, on ne sait toujours pas si les hommes et les femmes sont touchés différemment. Ce sera vraisemblablement le sujet d'une autre recherche.

La rigidité artérielle se produit lorsque les artères deviennent moins souples. Elle a un effet sur la façon dont le cœur travaille pour pomper le sang dans tout le corps. Le durcissement des artères augmente le risque de souffrir de maladies cardiovasculaires et peut mener à des crises cardiaques ou à des accidents vasculaires cérébraux.

Qu'est-ce qui arrive à notre corps dans l'espace?

Il est impossible de marcher dans l'espace à cause de la microgravité : la seule façon de se déplacer dans la SSI est de flotter d'un endroit à l'autre. Comme le révèlent les résultats de l'expérience CCISSRéférence 1, une autre étude financée par l'ASC et dirigée par le Dr Hughson, cet environnement diminue les efforts physiques que doivent fournir les astronautesRéférence 2, ce qui nuit à leurs vaisseaux sanguins, leurs muscles et leur os. Pour aider à prévenir ces inconvénients, les astronautes ont une bonne nutrition et font jusqu'à deux heures d'exercice par jour.

L'astronaute canadien Bob Thirsk

L'exercice physique est important, dans l'espace et sur Terre, pour maintenir le cœur en santé et prévenir les maladies graves. Dans cette photo, l'ancien astronaute de l'ASC Bob Thirsk fait de l'activité physique sur l'exerciseur contre résistance perfectionné à bord du nœud Unity de la SSI. (Source : NASA.)

Les résultats de l'étude Vascular semblent indiquer que la période quotidienne d'exercice des astronautes ne suffit pas à contrer les effets de l'environnement spatial sur le corps qui s'apparentent au vieillissement accéléré. Durant leur séjour de six mois dans l'espace, les astronautes sujets de cette étude ont fait, six fois par semaine, de l'activité aérobique pendant 30 minutes en moyenne et des séances sur l'exerciseur contre résistance perfectionné (p. ex. flexions des jambes, élévations des talons et soulevés de terre)Référence 3. Le temps prévu pour l'exercice aérobique était limité à cause de contraintes de temps et de la période nécessaire pour se préparer avant l'activité et se laver ensuite. Après six mois dans l'espace, les artères des astronautes ont durci de 17 % à 30 %, ce qui équivaut à vieillir normalement de 10 à 20 ans sur Terre. La rigidité des artères augmente le risque de maladies cardiovasculaires. Par ailleurs, la capacité du corps des astronautes de réagir à l'insuline est aussi touchée. Comme l'insuline aide à maintenir une glycémie normale, cet effet comporte le risque de développer le diabète de type 2, ce qui accroit celui de souffrir d'une maladie cardiovasculaire.

Méthode

Neuf astronautes ont participé à l'étude Vascular entre et . Des échantillons sanguins ont été prélevés de chacun d'entre eux deux à trois mois avant leur lancement ainsi que pendant et après leur vol spatial de six mois. Dans l'analyse des échantillons, l'équipe de chercheurs a porté une attention particulière à la variation de protéines et d'hormones précises pendant la période où les astronautes étaient dans l'espace. En plus de vérifier régulièrement leur pression artérielle, les astronautes ont dû passer des échographies, avant et après leur vol spatial, pour mesurer l'élasticité de leurs artères.

Équipe de recherche

  • Professeur Richard Hughson, Ph. D., Institut Schlegel de recherche sur le vieillissement de l'Université de Waterloo, Ontario, Canada
  • Professeur Philippe Arbeille, M.D., Ph. D., Université François-Rabelais, Tours, France
  • Marc-Antoine Custaud, M.D., Ph. D., Université d'Angers, France
  • J. Kevin Shoemaker, Ph. D., Université Western, London, Ontario, Canada
  • James W. Rush, Ph. D., Université de Waterloo, Ontario, Canada
  • Danielle Kathleen Greaves, M.Sc., Université de Waterloo, Ontario, Canada

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Références

Référence 1

Fraser KS, Greaves DK, Shoemaker JK, Blaber AP, Hughson RL. Heart rate and daily physical activity with long-duration habitation of the International Space Station. Aviat Space Environ Med 83: 577-584, PMID: 22764612.

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Référence 2

Hughson RL, Shoemaker JK, Arbeille P. CCISS, Vascular and BP Reg: Canadian space life science research on ISS. Acta Astro 104: 444-448, . doi: 10.1016/j.actaastro.2014.02.008.

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Référence 3

Hughson RL, Robertson AD, Arbeille P, Shoemaker JK, Rush JWE, Fraser KS, Greaves DK. Increased post-flight carotid artery stiffness and inflight insulin resistance resulting from six-months spaceflight in male and female astronauts. Am J Physiol Heart Circ Physiol. 310: H628-H638, . PMID: 26747504.

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