Jeter des ponts entre deux mondes - Les astronautes canadiens au poste de capcom

L'astronaute de l'Agence spatiale canadienne (ASC) David Saint-Jacques dans le siège du capcom au Centre de contrôle de mission de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) à Houston, au Texas. 26 juillet 2013. (Source : Douglas Wheelock, astronaute de la NASA)

L'astronaute de l'Agence spatiale canadienne (ASC) Jeremy Hansen félicite Chris Hadfield pour son mandat à titre de premier commandant canadien de la Station spatiale internationale (ISS), à l'occasion de la cérémonie de transfert de commandement entre Hadfield et le cosmonaute russe Pavel Vinogradov. 12 mai 2013. (Source : Saisie d'écran de NASA TV par l'ASC)

Depuis la naissance du Programme des astronautes canadiens, il y a plus de trente ans, les astronautes canadiens ont occupé le poste de capcom au centre de contrôle de mission de la National Aeronautics and Space Administration (NASA), situé au Centre spatial Johnson à Houston, au Texas. Le terme capcom, qui est le diminutif de « capsule communicator » (personne chargée de communiquer avec la capsule), a été utilisé pour la première fois dans le cadre des missions Mercury, alors que les premiers Américains étaient envoyés dans l'espace à bord de petites capsules.

Le capcom assure la liaison entre deux mondes, c'est-à-dire celui de l'équipe de contrôle située au centre de contrôle des missions et celui des astronautes qui se trouvent dans l'espace. Le rôle principal du capcom est de communiquer aux astronautes les conclusions tirées par le directeur de vol en consultation avec l'équipe de contrôle technique. Et comme le temps est toujours compté lors des missions dans l'espace, le capcom doit choisir ses mots avec soin, en tenant compte de la nécessité d'être précis, exact et bref. Les dépêches du capcom sont en quelque sorte des « tweets » verbaux qui doivent transmettre, sous une forme condensée et compréhensible, des renseignements d'une grande complexité.

La communication, bien entendu, se fait dans les deux sens. Les capcom représentent donc également l'équipe d'astronautes en orbite. Puisque les capcom sont bien souvent des astronautes eux-mêmes, ils ont la capacité de se mettre dans les souliers (ou les chaussettes!) des membres d'équipage. Leur connaissance de la situation permet aux capcom d'exprimer les besoins de l'équipage avec fluidité et diplomatie. Comme le dit l'astronaute de l'Agence spatiale canadienne (ASC) David Saint-Jacques, le capcom est un « ambassadeur » pour les astronautes, qu'il essaie de représenter le plus avantageusement possible.

Pour les astronautes qui ne sont pas encore allés dans l'espace, tel que David Saint-Jacques, agir à titre de capcom constitue la meilleure façon d'acquérir une expérience de mission réelle. Les astronautes qui ont tenu le rôle de capcom avant d'aller dans l'espace savent de quelle manière les décisions sont prises au sol, ce qui leur donne une meilleure idée du processus de décision dans son ensemble lorsqu'ils sont en orbite. Un astronaute qui a déjà été capcom est plus susceptible de poser les bonnes questions.

Pour soutenir les opérations de la Station spatiale internationale (ISS), des capcom doivent être en poste 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Une journée normale est divisée en trois quarts de travail, et puisqu'il n'y a pas toujours suffisamment d'astronautes pour couvrir la totalité des heures, de nombreuses personnes sont formées expressément pour assumer le rôle de capcom. La formation de capcom, qui dure approximativement de trois à six mois, comprend notamment des simulations dans une salle de contrôle factice avec des équipes virtuelles représentant la Russie et l'Europe. Les instructeurs y créent les pires scénarios envisageables, auxquels les futurs capcom doivent réagir. Une fois qu'ils sont aptes à faire face à de telles situations, on les familiarise aux opérations des véritables centres de contrôle de mission.

David Saint-Jacques a également agi à quelques reprises à titre de capcom en chef. Outre ses fonctions habituelles, ce rôle l'amène également à assumer certaines tâches administratives. Il doit notamment veiller à ce que tous les quarts de travail soient couverts et s'assurer que le matériel technique de la salle de contrôle soit en bon état de fonctionnement. Il est aussi chargé de tenir le personnel de direction informé de toutes les communications entre le capcom et l'équipage. L'astronaute de l'ASC Jeremy Hansen a également eu l'occasion de diriger les communications pendant une sortie extravéhiculaire. Tous deux continuent de travailler au Centre de contrôle de mission en se préparant en vue des futures missions qui leur permettront de parler à leur tour au capcom depuis l'espace.