Biographie de David Saint-Jacques

David Saint-Jacques
  • Date de naissance : 6 janvier 1970
  • De : Saint-Lambert (Québec)
  • Expérience : Ingénieur, astrophysicien, médecin de famille
  • Études : Baccalauréat en génie physique, doctorat en astrophysique, doctorat en médecine
  • Certification de vol : Licence de pilote avec la qualification multimoteur et de vol aux instruments
  • Langues : Français et anglais, connaissance du russe, de l'espagnol et du japonais
  • Mission : Expedition 58/59

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Renseignements personnels : Né le 6 janvier 1970 à Québec, le Dr Saint-Jacques a grandi à Saint-Lambert, près de Montréal. Il est marié et père de trois enfants. Il pratique la randonnée, le vélo, le ski et s'adonne à la voile, un sport dont il est passionné. Il est titulaire d'une licence de pilote professionnel avec la qualification multimoteur et la qualification de vol aux instruments ainsi que d'une licence de plongée sous-marine autonome de niveau avancé. Il parle couramment le français et l'anglais et peut converser en russe, en espagnol et en japonais.

Études : Le Dr Saint-Jacques a obtenu un baccalauréat en génie physique de l'École polytechnique de Montréal (1993). Il a décroché un doctorat en astrophysique à l'Université de Cambridge, au Royaume-Uni (1998). Il a obtenu son diplôme en médecine à l'Université Laval, à Québec (2005), et a effectué sa résidence à l'Université McGill (2007) où il s'est spécialisé dans la pratique de la médecine de première ligne en région éloignée.

10 questions posées à l'astronaute David Saint-Jacques

Transcription

Organisations : Collège des médecins du Québec, Collège des médecins de famille du Canada, Ordre des ingénieurs du Québec, International Society for Optics and Photonics, membre à vie du Cambridge Philosophical Society, Aerospace Medical Association, Wilderness Medical Society.

Distinctions honorifiques : Médaille d'or de la Société géographique royale du Canada (2014), médaille d'honneur de l'Assemblée nationale du Québec (2013), bourse d'études du millénaire du Canada (2001-2005), bourse postdoctorale de la Japan Society for the Promotion of Science (1999-2001), bourse « 1967 » en science et ingénierie du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (1994-1998), supplément aux bourses d'études supérieures de l'Agence spatiale canadienne (1994-1998), Cambridge Commonwealth Trust Honorary Scholar (1994-1998), United Kingdom Overseas Research Student Award (1994-1998), Bourse du Canada (1989-1993).

Expérience : Avant de se joindre au Programme spatial canadien, le Dr Saint-Jacques était médecin et cochef du département de médecine au Centre de santé Inuulitsivik, à Puvirnituq, un village arctique donnant sur la baie d'Hudson. Il est professeur associé en médecine familiale à l'Université McGill, où il a également travaillé comme chargé d'enseignement clinique pour la faculté de médecine, supervisant alors les étudiants et résidents en stage au Nunavik. Au début de sa carrière comme ingénieur biomédical, Dr Saint-Jacques a travaillé à la conception d'équipement de radiologie destiné à l'angiographie à l'hôpital Lariboisière de Paris, en France. Durant ses études aux cycles supérieurs en astrophysique, il a développé des systèmes d'optique adaptative et d'interférométrie destinés au télescope optique à synthèse d'ouverture de Cambridge et au télescope William-Herschel aux îles Canaries. Ses recherches postdoctorales ont porté sur le développement de l'interféromètre infrarouge Mitaka au Japon et du système d'optique adaptative du télescope Subaru à Hawaï (1999-2001). Il a ensuite travaillé au sein du groupe d'astrophysique de l'Université de Montréal. Son expérience internationale comprend également des études en France et en Hongrie, ainsi que des stages de formation médicale au Liban et au Guatemala.

Expérience comme astronaute : Le Dr Saint-Jacques a été recruté en mai 2009 par l'Agence spatiale canadienne (ASC) et a déménagé à Houston pour être l'un des 14 membres de la 20e classe d'astronautes de la NASA. En 2011, il a terminé la formation de candidat astronaute, qui comprend les systèmes et les procédures de la Station spatiale internationale, les sorties spatiales en scaphandre, la robotique, le pilotage de chasseurs T38-N, la géologie de terrain, l'apprentissage du russe ainsi que des entraînements de survie en milieu sauvage (en été, en hiver et sur l'eau).

Depuis qu'il a été promu astronaute, il poursuit sa formation pour maintenir ses compétences. Il a aussi participé à diverses expéditions de géologie, de glaciologie, de spéléologie et dans d'autres domaines scientifiques, comme la mission sous-marine NEEMO 15 et la mission souterraine CAVES 2013.

Le Dr Saint-Jacques appuie aussi le programme spatial grâce à son travail à la NASA et à l'ASC. Par ailleurs, il communique régulièrement sa passion des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques (STIM) à de jeunes Canadiens. À l'issue de son entraînement de base, il a tout d'abord été affecté au groupe de robotique du bureau des astronautes de la NASA. Il a ensuite été astronaute de soutien à l'équipage de la mission Expedition 35/36, capcom (pour « Capsule Communicator », soit l'opérateur radio au Centre de contrôle de mission) principal pour l'Expedition 38, capcom adjoint des missions de ravitaillement Cygnus-1 et Cygnus-2, et capcom principal des missions de ravitaillement Cygnus-3, Cygnus-4 et SpaceX-6. Outre son rôle d'instructeur-capcom, il a soutenu les opérations de capture et d'arrimage des véhicules visiteurs au sein du groupe d'intégration de la Station spatiale internationale.

En mai 2016, l'honorable Navdeep Bains, ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique et ministre responsable de l'Agence spatiale canadienne, a annoncé que l'astronaute canadien David Saint-Jacques était affecté à la mission Expedition 58/59. Depuis août 2016, David reçoit une formation spécialisée qui l'amène au Canada, en Russie, aux États-Unis, en Europe et au Japon où il perfectionne ses connaissances et compétences sur la Station spatiale internationale, l'engin spatial Soyouz et diverses tâches spécifiques à la mission.

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Questions et réponses – David Saint-Jacques

Qu'est-ce qui a motivé David Saint-Jacques à devenir astronaute? Quel est le meilleur conseil qu'il ait jamais reçu? Quelle est sa plus grande réussite? Apprenez-en plus sur le prochain canadien à aller dans l'espace.

Espace et exploration

Pourquoi vouliez-vous devenir astronaute?

Enfant, j'ai été impressionné par les photos de la Terre prises depuis la Lune. J'y ai vu l'immensité de l'Univers autour de nous, la splendeur et l'évidente fragilité de notre planète. En grandissant, j'ai été attiré par une vie d'aventure, d'exploration et de découvertes. Je ne pensais pas que devenir astronaute était une réelle possibilité, mais la fascination pour l'espace est demeurée en moi, et ce rêve d'enfant m'a motivé à m'épanouir comme être humain. J'ai voulu tout apprendre, tant les sciences que les cultures du monde. Pour être un explorateur, je devais aussi devenir un adulte responsable et digne de confiance. Les occasions de découvertes se sont présentées sous toutes sortes de formes : par la science, la médecine, la vie à l'étranger. Lorsque j'ai appris un jour qu'on recrutait des astronautes, le rêve est revenu, et le petit garçon de jadis m'a convaincu de poser ma candidature.

Travail et études

Qu'est-ce qui vous a incité à étudier dans vos domaines?

Comprendre : voilà ma motivation principale. Ce besoin fondamental a guidé mon parcours universitaire et professionnel. Curieux de nature, j'ai toujours voulu aller au fond des choses et aussi au-delà des livres et de la théorie, attiré par la découverte et l'aventure.

Comme mon père et mon grand-père, j'ai d'abord étudié le génie – je voulais comprendre « comment les choses marchaient »! Je porte toujours fièrement mon jonc d'ingénieur.

J'ai ensuite étudié l'astrophysique pour comprendre l'Univers… D'où venons-nous? Qu'y a-t-il au fond du ciel nocturne?

Après une dizaine d'années d'études et de travail à l'étranger, j'avais muri et j'ai voulu revenir au Québec pour y jouer un rôle social plus direct. Je me suis lancé dans des études de médecine afin de mieux comprendre l'humain.

Quel était votre emploi précédent?

J'étais médecin de famille au Centre de santé Inuulitsivik à Puvirnituq, une collectivité inuite sur les rives de la baie d'Hudson. Également chargé d'enseignement clinique pour l'Université McGill, je supervisais les étudiants et résidents en stage au Nunavik.

Avant d'être médecin, j'ai travaillé comme astrophysicien à Cambridge (Royaume-Uni), à Tokyo (Japon), à l'observatoire de Mauna Kea, à Hawaï, et dans le groupe d'astrophysique de l'Université de Montréal.

Et avant l'astrophysique, à titre d'ingénieur pour une PME québécoise, j'ai participé à la conception d'équipement de radiologie destiné à l'angiographie à l'hôpital Lariboisière de Paris, en France.

Qu'aimiez-vous le plus de votre emploi et de quelle manière vous a-t-il préparé pour une carrière d'astronaute?

Les métiers que j'ai pratiqués m'ont, chacun à leur manière, bien préparé à une mission spatiale.

La médecine en région isolée est un travail d'équipe où il nous faut résoudre des problèmes complexes avec des moyens limités. Comme dans le domaine de l'exploration spatiale, tout le monde est passionné et dévoué à sa tâche : premiers répondants, médecins, infirmières, pilotes d'ambulance aérienne. On apprend à travailler ensemble et à avoir confiance au point où l'on peut, sans hésitation, mettre notre vie entre les mains de nos collègues.

Mes années comme astrophysicien m'ont appris la rigueur de la recherche et la joie de la découverte scientifique, dans des observatoires du monde entier, au sein d'équipes internationales déterminées à repousser les limites des connaissances.

Du métier d'ingénieur, j'aime surtout le côté créatif et la satisfaction de trouver une solution à un problème pratique si élégante, si fiable et si ergonomique qu'on finit par oublier sa présence. Lorsque l'ingénieur a bien fait son travail, ça marche et c'est tout!

Finalement, que ce soit au Nunavik, au Japon, en Angleterre ou en France, j'ai vécu dans des communautés dont la culture était différente de la mienne, ce qui m'a appris à prendre du recul, à observer, à me remettre en question et à développer ma capacité d'adaptation.

Quelle est votre plus grande réussite selon vous?

Avoir eu mes trois enfants, et réussir à demeurer un bon mari et un bon père de famille malgré les exigences élevées de mon travail, et les compromis et sacrifices qu'il implique. C'est un véritable travail d'équipe avec ma femme, qui doit, elle aussi, conjuguer gestion des enfants, expatriation et carrière exigeante. Cet exercice d'équilibriste est rendu possible grâce à son énergie, sa créativité et son sens de l'humour. Ma vie de famille me nourrit, me garde les pieds sur terre.

Inspiration et conseils

Quelle est votre devise?

Ce qui mérite d'être fait mérite d'être bien fait.

Quel est le meilleur conseil professionnel que vous ayez jamais reçu?

Jeune étudiant, j'ai eu la chance de rencontrer l'astronaute Steve MacLean, conférencier à mon université, où je lui ai confié ma passion pour l'espace et ma curiosité à l'égard de son métier. Il m'a donné un conseil très simple : ne surtout pas chercher à axer mon cheminement de carrière uniquement sur l'objectif de devenir astronaute, mais plutôt orienter mes choix de façon à être heureux, d'abord et avant tout. Comme ça, peu importe où la vie me mènerait, je serais heureux!

J'ai suivi son conseil. J'ai compris que l'importance d'un rêve, c'est de fournir une direction, pas nécessairement une destination. Il faut chérir ses rêves et se laisser guider par nos idéaux, tout en restant ouvert aux possibilités qui se présentent en chemin. Surtout, il ne faut pas se considérer en situation d'échec si, à la fin, on aboutit ailleurs que prévu. Si chaque étape est une expérience positive, alors le résultat final sera le bon.

Pensez à un enseignant qui a eu une influence positive sur vous. Qu'a-t-il fait pour avoir cette si grande influence?

Mon directeur de thèse de doctorat, feu Professeur John Baldwin. Il a été une sorte de second père pour moi. Au-delà de son esprit scientifique, de sa créativité intellectuelle et de sa capacité de travail hors du commun, c'était un homme exceptionnellement généreux et attentif aux autres. À ses yeux, l'équipe d'étudiants, de techniciens et de personnel de soutien qu'il dirigeait était composée de personnes, pas de numéros. Comme chef, il se sentait bien sûr responsable de leur succès professionnel, mais aussi en partie de leur bien-être personnel. Son équipe était en fait comme une famille, dont chaque membre avait les intérêts de tous à cœur et ne ménageait pas ses efforts.

Quelle personne vivante admirez-vous le plus? OU Qui sont vos héros dans la vraie vie?

Je suis toujours impressionné par ceux qui doivent faire face à une extrême adversité – maladie grave, guerre, catastrophe – et qui arrivent à rester sereins malgré tout. J'admire sincèrement ceux qui démontrent de la résilience, trouvent un sens à leur vie en dépit de tout le non-sens qu'ils peuvent vivre. Sauver le bonheur, c'est vraiment héroïque.

Goûts personnels

Quel est votre film de science-fiction préféré?

Je dois avouer ne pas être un grand amateur de science-fiction... peut-être parce que je trouve que la réalité est déjà assez intéressante comme ça! Sur le thème de l'espace, je préfère les documentaires, surtout ceux qui traitent de l'aspect humain de l'exploration spatiale. J'aime particulièrement For All Mankind, d'Al Reinert, visuellement époustouflant. Le réalisateur nous plonge dans l'ambiance du programme Apollo, sans trop se soucier d'en faire un cours d'histoire, sans insister sur les noms, les dates, les détails techniques, mais plutôt sur le sens, le pourquoi et les émotions.

Quel est votre livre préféré?

Terre des hommes, d'Antoine de Saint-Exupéry. Je l'ai lu très jeune, ma mère me l'avait donné, sans doute avec un clin d'œil, et je l'ai relu quelques fois par la suite. Les images d'aventure et d'exploration que l'auteur évoque, son amour pour notre belle planète et ses habitants, et ses réflexions philosophiques sur la vie, l'amitié et la mort m'habitent toujours.

Quel est votre endroit préféré sur Terre?

Les alentours du mont Round Top, à Sutton. Mon père m'y a emmené en ski de randonnée, je devais avoir environ 10 ans. C'était ma première sortie hors des sentiers battus : les arbres lourds de neige, le silence feutré de la forêt, le chemin qu'on inventait à mesure ont laissé une impression indélébile dans ma mémoire. L'audace, la liberté, l'inconnu... je me suis découvert aventurier, explorateur. J'y retourne chaque fois que je peux. J'y revis toujours cet émerveillement et ce sens du mystère, même si je connais maintenant tous les coins de la forêt de Sutton par cœur.

Quel est votre bien le plus précieux?

Adolescent, on m'a volé mon vélo... le vélo que j'avais équipé, ajusté, réparé, au fil des ans et qui était devenu le compagnon de mes aventures. Ce vol m'a bouleversé… j'ai vécu un deuil, en quelque sorte. Ç'a été pour moi la fin des trésors. Pendant mes études à l'étranger (dix ans de ma vie), toutes mes possessions entraient dans une seule valise. J'accorde depuis beaucoup plus de valeur à mes relations avec les autres, aux expériences et à l'instruction. Je me méfie des possessions, du confort qu'elles nous procurent – du risque qu'on s'endorme dessus!

Poursuivez l'exploration

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