La météo spatiale au-dessus du Canada

(Source : NASA)

Quand les gens entendent les mots « prévisions météorologiques », ils pensent aux nuages, à la pluie, à la neige ou au vent.

Mais de nos jours, les scientifiques canadiens sont à préparer un autre genre de prévisions – des prévisions météorologiques spatiales qui permettront de prévoir les changements dans les plus hautes régions de l'atmosphère terrestre, là où un flux de rayonnement électromagnétique et de particules ionisées nous arrivent de l'espace.

Le rayonnement solaire et les particules interagissent de manière complexe avec la haute atmosphère et le champ magnétique de la Terre, ce qui produit une gamme de phénomènes, notamment les aurores et les tempêtes spatiales, capables d'endommager les satellites et les astronefs, de perturber les communications et la navigation à l'échelle de la planète et d'endommager les réseaux de distribution électrique au sol.

En raison d'événements comme ceux-ci, la météo spatiale revêt une importance économique et scientifique considérable pour le Canada, et le reste de la planète.

En 1989, c'est une tempête spatiale qui a causé la panne du réseau électrique d'Hydro-Québec, plongeant la population dans le noir pendant neuf heures avec un impact économique de plusieurs millions de dollars. En 1994, les deux satellites de télécommunications canadiens Anik E-1 et E-2 ont été désactivés à la suite de tempêtes spatiales avec des conséquences qui se sont chiffrées en centaines de millions de dollars. Depuis, plusieurs autres satellites ont subi des défaillances qui ont entraîné des interruptions de services des médias, des réseaux cellulaires et de systèmes de positionnement mondial (GPS).

En 2012, une salve extrêmement puissante du Soleil, observée par les satellites scientifiques de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) « STEREO », a fort heureusement manqué la Terre. Si cette salve, appelée « éjection de masse coronale », s'était produite juste une semaine plus tôt, la Terre aurait été probablement frappée de plein fouet, ce qui aurait perturbé les réseaux électriques, les communications et la navigation GPS à travers le monde, causant des dommages se chiffrant en milliards de dollars. La dernière fois que la Terre a été percutée par une telle salve, c'était en 1859 : la technologie la plus importante d'alors était le télégraphe, qui a réagi de façon erratique, même quand il était hors tension, et des aurores étaient observées jusque dans les Caraïbes.

L'Agence spatiale canadienne (ASC) collabore avec Ressources naturelles Canada afin d'améliorer la prévision des conditions météorologiques spatiales. Ressources naturelles Canada exploite le Centre canadien de météo spatiale, un centre d'alerte régional de l'International Space Environment Service qui fournit des données à l'Organisation météorologique mondiale. Des scientifiques d'universités canadiennes conçoivent et exploitent des instruments qui recueillent les données nécessaires pour améliorer notre compréhension des causes et des processus de la météo spatiale.

Les industries peuvent prendre des mesures pour réduire leur vulnérabilité lorsqu'elles savent que de graves perturbations des conditions météorologiques spatiales se dirigent vers nous. Les compagnies aériennes peuvent modifier ou annuler des vols, les entreprises d'électricité peuvent faire des ajustements à leur réseau de distribution et les services de navigation peuvent diffuser des alertes. Les exploitants de satellites peuvent mettre leurs engins spatiaux en mode de veille à faible puissance et mettre hors tension les circuits importants ou vulnérables.

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