Nouvelles d'Herschel

Félicitations à l'équipe SPIRE du télescope spatial Herschel qui a gagné le prix Sir Arthur Clarke 2013!

Le professeur David Naylor de l'Université de Lethbridge agit à titre de chercheur principal de la contribution canadienne à SPIRE. L'équipe canadienne Herschel se compose de chercheurs des universités de la Colombie-Britannique, de Calgary, Western Ontario, de Toronto, de Victoria et McMaster ainsi que du Conseil national de recherches du Canada. Blue Sky Spectroscopy, de Lethbridge en Alberta, est une entreprise de haute technologie dérivée qui a vu le jour en tant que l'un des trois centres mondiaux d'expertise en traitement des données fournies par SPIRE.

Pour plus d'informations au sujet du prix Sir Arthur Clarke : herschel.cf.ac.uk/news/spire-instrument-wins-sir-arthur-clarke-award (anglais seulement)

Pour en savoir davantage sur le rôle du Canada dans le projet du télescope spatial Herschel.

6 mars 2013

Fin prochaine des observations de l'observatoire spatial Herschel

Illustration de l'observatoire spatial Herschel

Illustration d'artiste de l'observatoire spatial Herschel sur un fond montrant la naissance d'étoiles dans la nébuleuse de la Rosette. Les taches brillantes sont des cocons de poussière contenant des protoétoiles massives dont la masse peut atteindre jusqu'à dix fois celle de notre Soleil. Il s'agit d'une image composite trois couleurs prise par les instruments PACS et SPIRE d'Herschel. Le Canada a participé au développement et à l'exploitation de SPIRE. (Source : Agence spatiale européenne - C. Carreau)

L'Agence spatiale européenne (ESA) a annoncé qu'au cours des prochaines semaines, l'observatoire spatial Herschel devrait arriver au bout de ses réserves d'hélium liquide (qui sert au refroidissement du télescope), après avoir passé plus de trois années palpitantes à étudier l'Univers froid.

Deux équipes d'astronomes canadiens, qui bénéficient de fonds de l'Agence spatiale canadienne (ASC), participent à la mission Herschel et ont contribué au développement et à l'exploitation de deux des trois instruments qui équipent le télescope : l'instrument hétérodyne pour l'observation dans l'infrarouge lointain (HIFI) et le récepteur d'imagerie spectrale et photométrique (SPIRE). Le professeur Michel Fich de l'Université de Waterloo est le chercheur principal de l'instrument HIFI au Canada. COM DEV, de Cambridge en Ontario, est l'entrepreneur principal chargé de la contribution canadienne à HIFI. Le professeur David Naylor de l'Université de Lethbridge agit à titre de chercheur principal de la contribution canadienne à SPIRE.

Herschel est le télescope infrarouge le plus gros et le plus puissant jamais lancé dans l'espace. Il a fait des découvertes extraordinaires sur les sujets les plus variés, qu'il s'agisse de galaxies à sursaut d'étoiles dans l'Univers lointain ou de nouveaux systèmes planétaires en formation évoluant à proximité de jeunes étoiles. La mission inédite d'Herschel est la première à couvrir la gamme complète de longueurs d'onde, allant de l'infrarouge lointain aux ondes submillimétriques. Elle a permis d'étudier des régions froides du cosmos, invisibles auparavant, constituées de gaz et de poussières ainsi que de jeter un regard neuf sur l'origine et l'évolution des étoiles et des galaxies.

Pour pouvoir faire des observations aussi sensibles dans l'infrarouge lointain, les détecteurs des trois instruments doivent être refroidis à l'hélium liquide superfluide jusqu'à des températures aussi glaciales que –271°C (proches du zéro absolu). Lorsqu'il a été lancé le 14 mai 2009, Herschel était équipé d'une quantité d'hélium suffisante pour fonctionner pendant trois ans et demi. Étant donné que l'hélium s'évapore au fil du temps, les ingénieurs pensent que la réserve est maintenant près d'être épuisée. On ne peut déterminer quand exactement, mais elle le sera bientôt.

Le programme d'observation scientifique a été planifié avec soin afin de pouvoir exploiter l'hélium jusqu'à la dernière goutte, et toutes les observations hautement prioritaires sont désormais terminées.

« Lorsque les études prendront fin, nous devrions avoir réalisé au-delà de 22 000 heures d'observations scientifiques, soit 10 % de plus que prévu. La mission a donc déjà dépassé toutes les attentes. », a déclaré Leo Metcalfe, le gestionnaire de la mission et des opérations scientifiques d'Herschel au Centre d'astronomie spatiale européen de l'ESA à Madrid, en Espagne.

Herschel continuera à communiquer avec ses stations terrestres pendant un certain temps encore après l'épuisement de l'hélium, ce qui permettra d'effectuer divers essais techniques. Finalement, au début de mai, il sera propulsé sur une orbite d'attente stable à long terme autour du Soleil.  L'équipe scientifique continuera à analyser les données de Herschel pour des années à venir. Les astronomes canadiens joueront un rôle important dans l'analyse continue des données provenant des instruments HIFI et SPIRE.

Matériel offert à titre gracieux par l'ESA

17 avril 2012

Une bataille de comètes à proximité d'une étoile voisine vue par l'observatoire spatial Herschel

L'étoile Fomalhaut et son disque de débris interplanétaires.

disque de débris interplanétaires. (Source : ESA/Herschel/PACS/
Bram Acke, UC Louvain, Belgique)

Une équipe internationale d'astronomes, dont font partie des Canadiens de l'Université de Lethbridge et du Conseil national de recherches du Canada, a découvert à l'aide de l'observatoire spatial Herschel de l'ESA que la ceinture de débris entourant l'étoile Fomalhaut semble avoir été formée par la poussière résultant de collisions capables de détruire tous les jours des milliers de comètes glacées.

Fomalhaut est une jeune étoile; elle a à peine quelques centaines de millions d'années. Elle est deux fois plus massive que le Soleil. Sa ceinture de poussières a été découverte dans les années 1980, mais les nouvelles images produites par Herschel nous montrent un niveau de détail inégalé jusqu'ici.

Bram Acke, de l'Université de Louvain en Belgique, et ses collègues ont analysé les observations d'Herschel et ont constaté que les températures de la ceinture oscillent entre – 230 ºC et – 170 ºC. Cependant, comme l'étoile Fomalhaut est légèrement hors centre et plus près du côté sud de la ceinture, son côté sud est plus chaud et plus brillant que son côté nord.

Selon des images fournies précédemment par le télescope spatial Hubble, on pense que l'étroitesse et l'asymétrie de la ceinture seraient attribuables à la gravité d'une éventuelle planète en orbite autour de l'étoile.

D'après les données provenant de Herschel, les poussières qui forment la ceinture présentent les mêmes propriétés thermiques que celles de petites particules solides et ont un diamètre de seulement quelques millionièmes de mètre.

Mais cela soulève une contradiction puisque les observations du télescope spatial Hubble suggéraient des grains solides plus de dix fois plus gros. Hubble avait alors capté de la lumière stellaire diffusée par les grains de la ceinture, lumière qui s'avérait de très faible intensité dans les longueurs d'onde du visible du télescope, ce qui portait à croire que les particules de poussière étaient relativement grosses. Le problème, c'est que cela semble incompatible avec les températures mesurées à l'intérieur de la ceinture par Herschel dans l'infrarouge lointain.

Pour résoudre le paradoxe, M. Acke et ses collègues suggèrent que les grains de poussière doivent être de gros agrégats cotonneux semblables aux particules de poussière libérées par des comètes dans notre propre système solaire.

poussière interplanétaire recueillie dans la stratosphère terrestre

On aperçoit sur cette image une particule de poussière interplanétaire recueillie dans la stratosphère terrestre lors d'une expérience aéroportée. Il s'agit d'un exemple d'agrégat de poussière molletonné d'un diamètre d'environ 10 microns, c'est-à-dire un gros amas de minuscules grains de poussière dont la structure comporte beaucoup d'espace vide. (Source : NASA)

Leurs propriétés thermiques et de diffusion auraient pu correspondre, mais un autre problème se pose.

La lumière éclatante de l'étoile Fomalhaut devrait repousser très rapidement les petites particules de poussière à l'extérieur de la ceinture mais, au contraire, on les y retrouve en abondance.

Pour résoudre la contradiction, il faudrait que la ceinture se remplisse sous l'effet de collisions continues entre de gros objets en orbite autour de l'étoile Fomalhaut, ce qui créerait de la nouvelle poussière.

Pour que la ceinture subsiste, le nombre de collisions doit être impressionnant : chaque jour, l'équivalent de deux comètes de 10 km de diamètre ou de 2000 comètes d'un km de diamètre doit être complètement broyé en petites particules de poussière ouateuses.

« J'ai été réellement surpris », de dire M. Acke, « Selon moi, il s'agissait d'un chiffre extrêmement élevé. »

Pour que le nombre de collisions demeure si élevé, la ceinture doit compter entre 260 milliards et 83 billions de comètes, selon leur taille. Dans le nuage d'Oort de notre système solaire, on trouve un nombre similaire de comètes. Ce nuage s'est formé à partir d'objets diffusés par un disque autour du Soleil, qui était alors aussi jeune que l'étoile Fomalhaut.

« Les images de Fomalhaut fournies par Herschel sont tout à fait spectaculaires. L'apparente contradiction entre les mesures de Hubble et celles de Herschel met en évidence l'importance de procéder à des observations complémentaires. Une fois combinées, elles permettent de mieux comprendre l'Univers », déclare le professeur David Naylor de l'Université de Lethbridge, chercheur principal de la contribution canadienne à SPIRE, l'un des deux instruments qui ont mené à cette découverte.

L'équipe canadienne de l'instrument SPIRE à bord d'Herschel se compose de scientifiques issus des universités de la Colombie-Britannique, de Toronto, de Victoria, de l'Université McMaster et du Conseil national de recherches du Canada. Blue Sky Spectroscopy, de Lethbridge en Alberta, abrite le centre d'expertise du spectromètre imageur SPIRE.

L'instrument SPIRE a été mis au point par un consortium d'instituts dirigé par l'Université Cardiff (R.-U.) et comprenant l'Université de Lethbridge (Canada), NAOC (Chine), CEA, LAM (France), IFSI, l'Université de Padoue (Italie), l'IAC (Espagne), le Stockholm Observatory (Suède), l'Imperial College London, RAL, UCL-MSSL, UKATC, l'Université Sussex (R.-U.) et Caltech, JPL, NHSC et l'Université du Colorado (É.-U.). Le développement de l'instrument a été appuyé par divers organismes de financement : ASC (Canada), NAOC (Chine), CEA, CNES, CNRS (France), ASI (Italie), MCINN (Espagne), SNSB (Suède), STFC, UKSA (R.-U.) et NASA (É.-U.).

PACS, l'autre instrument ayant contribué à la découverte a été élaboré par un consortium d'instituts dirigé par MPE (Allemagne) et comprenant UVIE (Autriche), KUL, CSL, IMEC (Belgique), CEA, OAMP (France), MPIA (Allemagne), IFSI, OAP/AOT, OAA/CAISMI, LENS, SISSA (Italie), IAC (Espagne). Le développement de l'instrument a été appuyé par divers organismes de financement : BMVIT (Autriche), ESAPRODEX (Belgique), CEA/CNES (France), DLR (Allemagne), ASI (Italie) et CICT/MCT (Espagne).

Matériel offert à titre gracieux par l'ESA

17 avril 2012

Un nouveau regard sur Centaurus A

Séparation d'Herschel et de Planck après le lancement

Centaurus A (NGC 5128). (Source : ESA/XMM-Newton (rayonnement X); ESA/Herschel/PACS/SPIRE/ C.D. Wilson, Université McMaster (infrarouge lointain); ESO (visible))

Jetez un coup d'œil sur cette étonnante photo de Centaurus A (aussi appelée NGC 5128). La gigantesque galaxie elliptique, située à 12 millions d'années-lumière de nous, est enveloppée d'un halo d'étoiles et des jets puissants de particules à haute énergie jaillissent de son centre, où un trou noir supermassif aspire la matière à un rythme prodigieux. Jusqu'à tout récemment, le centre de cette galaxie était dissimulé à la vue des télescopes terrestres par l'imposante bande sombre qui la traverse. Mais aujourd'hui, les choses ont changé.

Cette photo est une image composite réalisée à l'aide des données obtenues par quatre différents instruments scientifiques provenant de trois télescopes distincts, dont deux se trouvent dans l'espace. Tirant parti de la puissance des télescopes spatiaux, des astronomes — dont la Pre Christine Wilson de l'Université McMaster — ont réussi à scruter à travers la bande sombre de Centaurus A et à voir se qui se trouve au-delà.

Les couleurs apparaissant sur l'image sont en fait produites par quatre différentes longueurs d'onde : le rayonnement X apparaît en cyan, bleu et violet (en ordre croissant d'énergie), l'infrarouge lointain en jaune, le submillimétrique en rouge, et la gamme d'ondes visibles, qui correspond à ce que l'œil humain est capable de percevoir, apparaît en blanc. Les données du rayonnement X ont été obtenues à l'aide de la caméra EPIC de XMM Newton, le satellite d'observation dans les rayons X de l'ESA, et les données de l'infrarouge lointain et du submillimétrique ont été acquises par les instruments PACS et SPIRE de l'Observatoire spatial Herschel. Pour ce qui est de l'image obtenue dans la gamme d'ondes visibles, elle provient du télescope MPG/ESO de 2,2 mètres de l'observatoire de La Silla, au Chili.

Observer les objets à différentes longueurs d'onde permet aux astronomes d'avoir une idée plus précise de la façon dont les diverses composantes de cette fascinante galaxie interagissent à différents niveaux. Les données de l'instrument PACS de Herschel, par exemple, ont révélé la structure du disque de la galaxie en détectant la luminosité des poussières froides.

22 octobre 2010

Naissance d'étoiles dans un cocon de vapeur d'eau

Le télescope spatial Herschel découvre une pouponnière stellaire regorgeant d'eau

Signature spectrale H2O à proximité de la protoétoile NGC 7129

Signature spectrale H2O à proximité de la protoétoile NGC 7129 à masse intermédiaire. Le spectre est superposé à une image Spitzer de la région. (Source : ESA et consortium pour le HIFI; D. Johnstone pour le programme clé WISH. Image d'arrière-plan : NASA/JPL-Caltech/S.T. Megeath [Harvard-Smithsonian CfA]).

Comme dans tout bon polar, les astronomes recueillent des indices pour percer un mystère cosmique entourant les molécules les plus précieuses de l'Univers : celles de l'eau. Une équipe d'« enquêteurs » scientifiques canadiens prenant part à la mission de l'Observatoire spatial Herschel de l'ESA a observé des signes probants indiquant la présence d'une abondance d'eau dans une pouponnière d'étoiles lointaines. En plus de lever le voile sur certains mystères entourant la naissance des étoiles, cette découverte passionnante pourrait fournir des indices intéressants sur l'origine possible de l'eau dans le Système solaire.

Avec l'aide de l'ASC, les astronomes canadiens utilisent un instrument extrêmement sensible de l'observatoire spatial Herschel capable de détecter les molécules de l'eau et qu'on appelle HIFI (Instrument hétérodyne pour l'observation dans l'infrarouge lointain. Partiellement construit en Ontario, il a pour but de rechercher les empreintes spectrales de l'eau qui se trouve à proximité des étoiles naissantes.

« Nous ne nous attendions pas réellement à voir grand chose lors de nos premières observations, mais Herschel nous a donné des résultats vraiment spectaculaires », affirme Michael Fich, professeur d'astronomie à l'Université de Waterloo et chercheur principal canadien pour l'instrument scientifique HIFI d'Herschel. « Nous savions que l'eau joue un rôle de premier plan dans les régions de formation stellaire, mais jamais jusqu'à maintenant n'étions-nous arrivés à capter une image détaillée de ce qui s'y passe. »

Ils ont frappé dans le mille avec leur première cible, une protoétoile qui se trouve dans un nuage moléculaire appelé NGC 7129, situé à 3 300 années-lumière de la Terre dans la constellation de Céphée. Il se trouve que cette étoile, dont la température atteint 1 500 degrés Kelvin, est beaucoup plus chaude que ce que l'on croyait jusqu'à maintenant. Découverte seulement quelques milliers d'années après sa naissance, cette étoile qualifiée d'étrange par les astronomes battrait selon ces derniers le record de la plus jeune et plus active étoile naissante jamais observée.

Les astronomes en connaissent beaucoup sur la formation d'étoiles à faible masse, comme le Soleil, mais ils en savent très peu sur ces homologues plus imposantes quant à la manière dont elles se forment et à la fréquence à laquelle elles créent des planètes autour d'elles. On suppose que l'eau joue un rôle essentiel dans les nuages de formation stellaire.

L'équipe scientifique de l'instrument HIFI tente également de comprendre le rôle de l'eau dans la formation d'exoplanètes. Toute cette eau contenue dans le nuage qui les entoure peut-elle être transportée dans la pouponnière stellaire, autour des étoiles nouvellement formées?

« Nous savons que la vapeur d'eau cosmique gèle sur les particules de poussière à l'intérieur des nuages moléculaires froids et sombres », de dire Doug Johnstone, professeur d'astronomie de l'Université de Victoria et membre de l'équipe scientifique de l'instrument HIFI. « Ces grains de poussière recouverts de glace s'aggloméreraient pour former des planètes et des comètes, et peut-être même l'atmosphère des planètes. « L'étude du comportement de l'eau dans les nuages moléculaires est essentielle à notre compréhension de l'Univers », ajoute M. Johnstone. « Il ne faut pas se surprendre que l'eau soit si chère à nos yeux. Après tout, c'est tout de même la matière fondamentale derrière la création des planètes et des êtres humains. »

1er décembre 2009

L'observatoire spatial Herschel est à l'affût de nos voisines galactiques et tient une comète à l'œil

Plein feu sur des objets familiers grâce à des images inédites

Des images provenant de l'observatoire spatial Herschel présentent quelques cibles astronomiques bien connues sous un angle nouveau. Herschel a en effet transmis des empreintes astronomiques (spectres) de qualité exceptionnelle d'objets aussi variés que des comètes, des étoiles massives, des pouponnières d'étoiles et diverses galaxies. Il a notamment fourni de nouvelles preuves de la présence d'eau et d'éléments essentiels à la vie dans l'Univers.

Messier 82-Galaxie croisée dans le grand chariot de la Grande Ourse

Messier 82-Galaxie croisée dans le grand chariot de la Grande Ourse

Cette mosaïque montre quelques-unes des premières données et images acquises par l'instrument SPIRE à bord d'Herschel au cours de la phase d'essai.

SPIRE a capté ces images des objets Messier 81 (M81) et 82 (M82), une paire de galaxies situées dans la constellation de la Grande Ourse (qui contient un astérisme bien connu, le grand chariot). Comme le laisse supposer le spectre, SPIRE a détecté une présence marquée de monoxyde de carbone dans M82 (à gauche) ainsi que de carbone atomique et d'azote ionisé.

M82 est la galaxie croisée la plus proche de la Terre (distante de quelque 12 millions d'années-lumière). La formation intense d'étoiles dans M82 a été déclenchée par les forces de la marée gravimétrique causée par le passage à proximité de sa voisine plus massive, M81.

SPIRE est l'un des deux instruments qui équipent Herschel et où des scientifiques canadiens ont un rôle à jouer. L'astronome Christine Wilson de l'Université McMaster est la chercheure principale du projet Herschel « Physical Processes in the Interstellar Medium of Very Nearby Galaxies » à l'origine de cette image. Dirigé par Christine Wilson, ce groupe de scientifiques examine des exemples de tous les types de galaxies proches qu'ils peuvent trouver pour étudier les propriétés des gaz qu'elles renferment et déterminer le rôle que ces gaz jouent dans la formation des étoiles.

Formation d'étoiles dans la nébuleuse d'Orion (barre d'Orion-DR21)

La nébuleuse d'Orion

La nébuleuse d'Orion (vue ici par le télescope spatial Hubble) est une cible bien connue des astronomes amateurs. (Source : NASA, ESA, M. Robberto (STScI/ESA) et la Hubble Space Telescope Orion Treasury Project Team)

La nébuleuse d'Orion

Comparez l'image de la nébuleuse d'Orion (à gauche) prise par Hubble à l'image ci-dessus prise par le télescope Spitzer de la NASA. Les longueurs d'onde différentes utilisées pour imager le même objet permettent de mettre au jour des informations inédites—de nouvelles étoiles sont dévoilées dans l'image infrarouge du Spitzer, qui sonde les enveloppes de gaz colorées donnant à la nébuleuse l'aspect d'une orchidée. De la même façon, le spectre produit par Herschel (au-dessus du graphique) donne aux astronomes de nouvelles pièces du casse-tête en détectant les éléments chimiques qui composent l'objet.

Ce spectre obtenu à l'aide de SPIRE révèle de nouveaux indices passionnants sur une région de formation d'étoiles qui se trouve dans la fameuse nébuleuse d'Orion et est connue sous le nom de barre d'Orion. SPIRE a détecté pour la toute première fois dans les longues longueurs d'onde un ion nommé méthylidyne, composant clé des grandes molécules carbonifères, comme les molécules organiques qui constituent les piliers de la vie. En mesurant la hauteur des pics du côté gauche du graphique, les astronomes sont en mesure d'estimer la température et la densité des gaz interstellaires dans cette région.

Présence d'eau sur la comète Garradd

Présence d'eau sur la comète Garradd

Le pic dans le spectre ci-dessus, produit par l'instrument HIFI (Instrument hétérodyne pour l'observation dans l'infrarouge lointain) d'Herschel, confirme la présence d'eau sur la comète Garradd. Certaines des études HIFI compareront les caractéristiques des molécules d'eau et des molécules organiques volatiles libérées par différentes comètes du système solaire alors qu'elles s'approchent du Soleil.

Les comètes sont essentiellement des amas de petits grains de poussières retenus ensemble par de la glace—comme des boules de neige sales. Elles se sont formées il y a quelque 4,5 milliards d'années dans les régions froides et éloignées du système solaire. La plupart du temps, les comètes évoluent loin du Soleil et représentent donc un vestige parfait des conditions qui régnaient lors de la formation du système solaire et des planètes. D'après les scientifiques, les comètes auraient contribuer grandement à la présence d'eau sur Terre et sur d'autres planètes telluriques. De petites perturbations d'orbite peuvent propulser les comètes vers l'intérieur du système solaire. Lorsqu'elles s'approchent du Soleil, l'accroissement de température provoque la sublimation de la glace, amenant l'eau et d'autres molécules à passer en phase vapeur. Cela signifie que l'on peut facilement mesurer la composition et les caractéristiques de la comète.

L'Observatoire spatial Herschel a été lancé le 14 mai 2009 à bord de la fusée Ariane 5 qui emportait également le télescope spatial Planck. Bénéficiant d'un financement de l'ASC, divers organismes et entrepreneurs canadiens ont contribué au développement de deux des trois instruments scientifiques du satellite Herschel : l'instrument hétérodyne pour l'observation dans l'infrarouge lointain (HIFI) et le récepteur d'imagerie spectrale (SPIRE).

Le professeur Michel Fich de l'Université de Waterloo est le chercheur principal de l'instrument HIFI au Canada. COM DEV, de Cambridge en Ontario, est l'entrepreneur principal chargé de la contribution canadienne à HIFI.

Le professeur David Naylor de l'Université de Lethbridge agit à titre de chercheur principal de la contribution canadienne à SPIRE par le biais de l'ISIS (Institute for Space Imaging Science) qui englobe également l'Université de Calgary et l'Université Athabaska. L'entreprise Blue Sky Spectroscopy, de Lethbridge en Alberta, abrite le centre d'expertise du récepteur d'imagerie spectrale SPIRE. Cette entreprise a traité les données spectrales incluses dans les images.

L'équipe canadienne Herschel se compose de chercheurs des universités de la Colombie-Britannique, de Calgary, Western Ontario, de Toronto, de Victoria et McMaster ainsi que du Conseil national de recherches du Canada.

Le 10 juillet 2009

Mise à jour sur les missions Herschel et Planck

L'Agence spatiale européenne a annoncé que l'Observatoire spatial Herschel a commencé à produire des données et que son fonctionnement dépasse de beaucoup les attentes. Herschel a été lancé simultanément avec le Télescope spatial Planck le 14 mai 2009.

Herschel et Planck en route vers L2

Herschel et Planck en route vers L2. (Source : Illustration d'artiste : ESA - D. Ducros)

Vue de la galaxie M51 prise par PACS lors des essais.

Vue de la galaxie M51 prise par PACS lors des essais. (Source : ESA et le Consortium PACS)

Jusqu'à présent, les trois instruments d'Herschel, soit l'Instrument hétérodyne pour l'observation dans l'infrarouge lointain (HIFI), le Photomètre et spectromètre à grand champ (PACS) et le Récepteur d'imagerie spectrale et photométrique (SPIRE), ont été pointés sur différents objets afin d'évaluer leur performance avant même d'avoir été étalonnés. Les données préliminaires produites par les instruments surpassent déjà les résultats obtenus lors de missions précédentes. La mission Herschel a pour but d'étudier l'Univers dans l'infrarouge lointain et submillimétrique pour déterminer comment les étoiles, les planètes et les galaxies se forment et évoluent.

Les instruments de Planck, c.-à-d. l'Instrument à hautes fréquences (HFI) et l'Instrument à basses fréquences (LFI), sont présentement en processus d'étalonnage et d'optimisation. Ils seront prêts prochainement pour l'observation du ciel en permanence. La mission planifiée de Planck consiste à réaliser deux sondages complets du ciel pour cartographier le rayonnement de fond cosmique, soit les reliques du Big Bang.

Les instruments scientifiques ultra-précis d'Herschel et de Planck ont été développés par un consortium international comprenant plusieurs équipes canadiennes.

Le professeur Michel Fich de l'Université de Waterloo assume les fonctions de chercheur principal pour le projet Herschel-HIFI au Canada. COM DEV de Cambridge en Ontario est l'entrepreneur principal de la contribution du Canada à HIFI.

Séparation d'Herschel et de Planck après le lancement

Séparation d'Herschel et de Planck après le lancement. (Source : ESA)

Le professeur David Naylor de l'Université de Lethbridge agit à titre de chercheur principal pour le projet Herschel-SPIRE au Canada. Blue Sky Spectroscopy de Lethbridge en Alberta abrite un centre d'expertise pour le spectromètre à transformée de Fourier de SPIRE. L'équipe canadienne pour Herschel regroupe aussi des scientifiques des universités de Calgary, de la Colombie-Britannique, de McMaster, de Toronto, de Victoria et de Western Ontario ainsi que du Conseil national de recherches du Canada.

Le professeur Douglas Scott, de l'Université de la Colombie-Britannique, dirige l'équipe du Planck-LFI, tandis que celle du Planck-HFI est sous la gouverne du professeur J. Richard Bond de l'Université de Toronto.

Les équipes canadiennes travaillent depuis plus de dix ans avec leurs collègues internationaux à la planification des missions Herschel et Planck. Elles utiliseront directement les données pour répondre à quelques-unes des plus grandes questions concernant l'Univers.

Pour plus d'information sur le rôle du Canada dans les missions Herschel et Planck, visitez les sites de l'Observatoire spatial Herschel et du
télescope spatial Planck, le sondeur cosmique

Pour plus de détails sur les premières découvertes faites par Herschel visitez : Herschel Images Promise Bright Future (anglais seulement)